Week-end
qui démarre en fumée, bistrots et vapeurs spiritueuses, vendredi compliqué,
samedi avec un ami ramené de la veille, crevée, en pleine
descente, et même pas toute la place sur le canapé, fait chier la
vie aujourd'hui. Heureusement , il y a du champagne et du fromage,
l'ami est prévoyant. Je fouille dans mon PC et découvre Thank
you for smoking,
film de 2004 avec Aaron Eckhart (que j'ai toujours du mal à voir
autrement que comme le biker super sexy et serviable de Erin
Brockovich :-)) que je voulais revoir depuis longtemps.
Nick
Naylor, porte parole de l'institut de recherche sur le tabac, financé
par la Big Tobacco, écume congrès et plateaux télés pour
continuer la promotion du tabac.
+
Ce que j'ai aimé dans le film :
-Aaron
Eckhart, parfait dans son personnage d'orateur motivé par le plaisir
des joutes oratoires moralement peu défendables et par ses réunions
avec les MDM. Il est jouissif, en tant que fumeuse, de le voir
démonter les arguments du sénateur anti-tabac en énonçant des
vérités universelles battues et rebattues.
-Le
propos du film, le tabac, sujet ô combien polémique à une époque
où les fumeurs n'ont plus droit de cité, et sont souvent obligés
par des lois de se retrancher dehors ou chez eux pour en griller une
peinard. Il ne s'agit pas ici de lois, mais du libre choix de fumer
ou pas, et de la publicité pro-tabac. Ici tout n'est pas noir ou
blanc, les gentils anti-tabac ne sont pas présentés comme des
sauveurs, tout comme les vendeurs de tabac ne sont pas seulement
présentés comme des meurtriers. Pour la réflexion que ce film
entame, il est plaisant à suivre, en montrant toutes les facettes du
tabac : maladie, profits, etc.
-L'humour
du film, noir, comme lorsque les Marchands de Morts comparent les
risques terroristes qu'ils encourent en quantifiant le nombre de
morts quotidiens dus à leur produit. Assez marrant de voir la
pro-alcool se battre pour que le pro-tabac reconnaisse que l'alcool
fait plus de ravages que le tabac.
-
Ce que je n'ai pas aimé dans le film :
-Le
personnage de l'enfant de Nick Naylor. Il sert le propos et le
scénario en permettant que certaines situations se débloquent plus
facilement. Toutefois, il est pour moi de trop dans le film, dans le
sens où la question de l'éducation aux dangers de la cigarette me
paraît être en marge des autres aspects traités dans le film.
Après, si ça peut permettre à certains de se poser des questions
sur le danger du tabac près des enfants, pourquoi pas...
-Le
discours sur "l'avocat du diable" : oui, le tabac, c'est
mal, mais il mérite d'être défendu. Je suis plutôt de cet avis,
mais je pense que la réalisation était suffisamment claire sur ce
point sans être obligée de mettre les points sur les "i"
du spectateur. De là je rejoins mon premier point négatif en ayant
l'impression que le gamin tient lieu de spectateur débile à qui il
faut bien expliquer comment on voit les choses.
-C'est
tout sinon c'était très très bien :-)
En
gros, un très bon film sur les dessous de la vente de tabac, et
comment, malgré sa nocivité avérée, il continue à se vendre, à
coups de millions de dollars, et de mauvaise foi diablement
séduisante. Même les révélations des journalistes n'arrivent pas
à ébranler l'industrie. Toutefois, la fin du film laisse envisager
la future société de non-droits (pas le droit de manger, de boire,
de fumer, d'avoir de l'électricité, etc, vive l'avenir !) qu'on
nous dessine petit à petit, POUR NOTRE BIEN, parce que nous, pauvre
petit particulier, on ne sait pas ce qui est bien pour nous.

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