Oui, oui. Vendredi vacances, journée improductive au possible, classement et tris divers,
je décide de me coucher tôt en choppant un des cinq ou six Stephen King
que je n'ai jamais lus : "Juste avant le crépusule",
recueil de nouvelles plus si récent. Je ne sais pas trop ce que
je vais trouver dedans, et je m'attends à des mon-monstres
saupoudrés d'esprits vengeurs.
Et
bien, non. Exceptée une nouvelle très ancienne que je n'avais
jamais lue, le
chat d'enfer,
et une autre très récente, N.,
les monstres ne sont pas légion dans ce bouquin. On voit à peine
quelques fantômes gentils, et il y a bien un peu de surnaturel
par-ci par-là, mais toutes les nouvelles sont réalistes, faisant
peu appel au monde des ombres.
+
Ce que j'ai aimé dans le bouquin :
-la
normalité relative : dans ce recueil, la plupart des situations,
bien qu'étant exceptionnelles, pourraient nous arriver à tous :
faire un rêve prémonitoire, devenir dingue obsédé par
ses bourrelets, être au mauvais endroit au mauvais moment, tomber sur des
timbrés finis (pas gentils, les timbrés, on est d'accord), entendre
la dispute musclée d'un couple et avoir envie de fracasser le type
qui explose sa meuf, enfin bref, de l'exceptionnel pas impossible et
du surnaturel en demi-teinte.
-la
mort, la vie, deux thèmes cruciaux dans son oeuvre. Habituellement, tous ses héros ont des morts horribles,
et qu'on se place de leur point du vue : on suit de futurs macchabées, on
partage leurs pensées, on vit leur quotidien de cauchemar... Là, pour une fois, Stephen King se place du côté de la vie :
c'est à l'esprit des vivants qu'on accède. Ces vivants à qui on prête des morts
horribles vingt pages plus tard, et puis... rien, ils restent
vivants. C'est assez rare pour être souligné.
-l'humanité
(version occidentale) est scannée dans son grand ensemble par SK. Il
a une palette de pensées énorme ; on peut ainsi pénétrer des
univers très divers : le pleutre à bout, le gros qui veut maigrir,
le fils qui voit mourir son père, la récente veuve qui espère, la
jeune maman qui perd son enfant, le tueur qui se fait tuer, et
d'autres encore. Et il tombe toujours juste.
-
Ce que je n'ai pas aimé dans le bouquin :
Pour
être honnête, rien. Si ce n'est que c'est un "petit"
recueil. Ca reste largement supérieur à ce qu'il a pu écrire comme
romans au cours des dix dernières années. Et puis qu'il m'a un peu
"vidée". Ce bouquin fait appel à des ressentis qu'on a
tous face à la mort, et sa lecture m'a fatiguée, plongée dans des
souvenirs, fait imaginer (et si ça m'arrivait ?) et finalement fait
beaucoup réfléchir. Après ce livre, je vais avoir du mal à
enchaîner sur autre chose de balèze. (Et merde, après
vérification, j'ai pas de Oui-Oui, tant pis, ce sera Jojo Lapin
alors :-))
LE
très bon Stephen King que j'attendais depuis un moment ! Ras le bol
des Roadmaster, Cellulaire et autres (trop longues) daubes. Là, on
retrouve un plaisir d'écrire, un plaisir de lire qu'on avait perdu.
En espérant que les romans qui suivent seront dans la même veine
retrouvée. A lire sans hésiter !

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